Il y a les joueurs pour qui le football constitue l’unique activité de la journée, et ceux pour qui il ne s’agit que d’une passion. Aujourd’hui, à Yverdon Sport, plus d’un tiers de l’équipe exerce un travail ou des études à côté du football, à divers pourcentages. À travers cette rubrique “Ils mènent une double vie”, composée de trois portraits différents qui seront publiés cette semaine, nous avons décidé de vous présenter le quotidien de ces joueurs que nous avons rencontrés sur leur lieu de travail.

Le CFC d’Automaticien puis les débuts en pro

Mustafa Sejmenovic démarre son apprentissage d’automaticien en 2002. Alors âgé de 16 ans, le jeune adolescent évolue dans le même temps pour la réserve d’Yverdon Sport. Et les choses ne se font pas tarder puisque, une année plus tard, il obtient (déjà) ses premières convocations avec la première équipe d’YS, tout en poursuivant sa deuxième année d’apprentissage. “J’ai commencé très tôt à apprendre à jongler entre vie professionnelle et vie footballistique. C’est une autre façon de vivre, tout simplement.” Un équilibre qui semble aller de soi lorsque l’on écoute Mustafa Sejmenovic.

L’actuel capitaine des Verts est un travailleur, c’est certain, que ce soit sur le terrain ou lorsqu’il intervient sur la mécanique et l’électronique d’un appareil de l’un de ses clients. Et c’est probablement grâce aux différents efforts fournis qu’il devient rapidement un pilier de la défense d’Yverdon Sport, et ce jusqu’en 2012. Une carrière professionnelle, il en fait son unique activité jusqu’en 2016. “C’est un rythme de vie atypique, mais idéal pour les performances sportives. Il y a du temps pour les entraînements, pour la récupération et on est concentré à 100% sur notre objectif sportif. Mais ce n’est pas tout, j’ai eu mon premier enfant en étant pro. Heureusement, très rapidement avec mon épouse, nous sommes parvenus à optimiser notre temps pour concilier vie de famille et vie footballistique.”

Mustafa Sejmenovic (YS et DC Technique). (c)FLASHPRESS/ALLENSPACH

Le FC Bienne, puis Neuchâtel Xamax

Le fait est que Mustafa poursuit sa carrière professionnelle. Et elle se déroule plutôt bien. En juillet 2012, il rejoint le FC Bienne qui évolue alors en Challenge League. Club dans lequel il s’impose comme un titulaire indiscutable et y passe 2 saisons. Puis, arrive un transfert à Neuchâtel Xamax, où il reste jusqu’en juillet 2019. Il le répète plusieurs fois lors de son interview : “À Neuchâtel, j’ai vécu énormément de bonnes choses”. Difficile de lui donner tort, lui qui y a évolué à la fois en Challenge League et en Super League. Mieux : “Mus” ne connait pas qu’une évolution sportive à Xamax mais également une évolution professionnelle puisque, il y a maintenant 3 ans et demi, il a pu trouver un emploi alors qu’il était sous contrat avec le club phare du canton voisin. “J’ai pu être engagé dans l’ancienne entreprise du président de Xamax, DC Technique, en tant qu’automaticien. C’est une entreprise qui travaille en grande partie avec des cabinets dentaires et nous nous occupons de l’installation, la maintenance et les dépannages de ces machines. Je travaille sur la partie mécanique et électronique. J’ai tout d’abord commencé à travailler à 50-60%. Cela amène vraiment une dimension différente à ma carrière de joueur. Les heures de récupération, notamment, ne sont plus les mêmes. La fatigue se fait plus facilement ressentir également”. Qu’il se rassure, cela ne se voit pas sur le terrain !

Préparer le futur

Un travail qui plaît bien à Mustafa, qui fait face à un challenge déjà connu, concilier deux activités. Encore, faut-il ajouter une nouvelle dimension à cette équation : la vie familiale. “Lorsque j’étais pro, j’ai pu profiter de passer du temps avec mon fils. Maintenant avec une activité professionnelle, c’est un peu différent et il faut s’adapter, au niveau famille également, d’autant plus que je travaille désormais à 80%. J’ai de la chance, parce que nous arrivons toujours à bien nous organiser avec mon épouse qui travaille également à temps partiel. De plus, je trouve que c’est une vie saine et cela me tenait à coeur de reprendre ce rythme il y a plus de trois ans déjà. Cela m’a notamment permis de préparer mon après-carrière. Lorsque tu as été uniquement joueur pendant plusieurs années, c’est compliqué d’exercer un métier ensuite. Je suis satisfait d’avoir pu compter sur une entreprise qui m’a tout de suite encadré et je m’y sens bien.”

Et qu’en est-il de la retraite sportive? “Je n’y pense pas pour l’instant, je ne pense qu’à notre prochain match et rien d’autre. Nous aurons tout le temps de parler de la saison prochaine et de ma potentielle retraite plus tard (rires). Je continuerai tant que mon corps me le permettra. Sans foot ce sera compliqué, je le sais, après toutes ces années dans la compétition…”. En attendant on continue, nous, de profiter de Mustafa Sejmenovic sur le terrain.

C’est la fin de cette série d’interview, à noter que Gentian Bunjaku, Kevin Martin, Sébastien Le Neün, Valmir Sallaj et Muamer Zenelli exercent également une activité professionnelle à côté de leur passion : le football !

#AllezYS